Extrait de l'étude réalisée par les BOHAIRES DE GASCONHA
La Boha est un instrument à vent à anches simples de la
famille des clarinettes doubles.
Elle appartient à la famille des cornemuses qui compte une quinzaine de types différents pour le territoire de la France.
( Pour C. Marcel-Dubois, une cornemuse est un instrument avec trois caractères : l'inaccessibilité des anches, une réserve d'air
et une émission sonore polyphonique )
Elle peut s'appeler selon les parlers : Bohaussac, Boha, Bohica, Chabretta, Chalemina, Bonlonra.
Son aire de jeu correspondait en gros à l'aire de la forêt des Landes.
Il y a quatre parties essentielles :
La poche. En peau d'agneau ou plus souvent de chèvre, retournée avec les poils à l'intérieur. On pelait la bête comme un
lapin pour ne pas avoir à coudre et on fermait les trous avec de la ficelle frottée d'ail. La poche n'est jamais recouverte d'un
tissu comme pour les autres cornemuses.
Les poches ont une capacité de 8 à 15 litres.
le porte-vent. Tuyau de bois troué sur toute sa longueur. Fabriqué en deux parties, il renferme une valve de cuir
pour empêcher l'air de ressortir. Embouché par le musicien, l'autre bout est attaché à la poche.
le pihet. C'est une pièce de bois parallélépipédique qui enferme les deux tuyaux de jeu au bout desquels s'emmanchent
les anches.
le tuyau mélodique: de perce cylindrique régulière, troué de 5 ou 6 trous de jeu sur le dessus, un sur le dessous,
et d'une fente pour accorder qui fait entendre la sous-tonique avec le petit doigt (ici, note un demi-ton en dessous de la note
de référence de la gamme. Par exemple pour une gamme de Do Majeur, la sous-tonique obtenue sera Si.). La boha a une tessiture
d'une octave (8 notes qui se suivent) plus la sous-tonique. Les bohas anciennes retrouvées jouaient souvent seulement une
septième (7 notes qui se suivent). On achevait d'accorder le pihet en mettant ou sortant de la cire d'abeilles dans les
trous.
le tuyau d'accompagnement: on ne peut pas parler véritablement de bourdon à cause du trou de jeu qui fait entendre
deux notes d'accompagnement (parfois trois). Par exemple en jouant avec un pihet en Do, on a Do ou Sol plus grave en bouchant le
trou. Une possibilité supplémentaire offerte par le brunidèr, (pièce de bois mobile, attachée au pihet par
une chaînette ou un fil avec un petit morceau de fil de fer qui peut servir à retirer la cire qui bouche les trous.) d'avoir deux
autres notes pour s'accompagner en modes mineurs. Par exemple avec un pihet en Do, on jouera en Ré mineur et on pourra
accompagner avec Do ou La.