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Les cuisines
Air : Le pendu
Erfurt le 16 décembre 1914
Premier couplet
Connaissez-vous de l'Allemagne
Les ragoûts et mets succulents
Forcément l'appétit vous gagne
Rien qu'à respirer leur relent.
Si vous voulez faire une cure
De santé, venez avec nous
Vous avez une nourriture
Celle qu'on ne connaît chez nous
Deuxième couplet
A Erfürt point de cuisinière
Margoton aux charmes épais
Qui brise les pots, les soupières
A l'auberge, comme au palais.
Les artistes de la cuisine
Dédaignent robes et jupons,
Font des plats à la margarine,
Ce sont de vaillants marmitons
Troisième couplet
Tous les jours dès que vient l'aurore
Ils s'empressent autour des fourneaux.
Tout déjà leur science élabore
De leurs chefs d'œuvre les plus beaux
Certes la tâche est colossale
Car il leur faut sans sourciller
Décorer de l'eau chaude et sale
A titre pompeux de café
Quatrième couplet
C'est ici que la mécanique
Joue un rôle très pondérant
Le jambon, le lard d'Amérique
Sont hachés merveilleusement
La patate avec la carotte
Et même le rutabaga
Toutes les machines à la haute
Vivement vont éplucher ça
Cinquième couplet
A midi s'agitent sans cesse
Autour des immenses chaudrons
Maîtres Queues titans de la graisse
Des enfers semblent les démons
Aloyaux, gigot ni rouelle
N'arrivent jamais en ces lieux
Cependant notre vie est belle
Le rata est digne des dieux
Sixième couplet
Vient le soir alors c'est la soupe
Qui mijote tout doucement
Et tous affamés en troupe
De surgir quotidiennement
Soupe à l'orge ou aux lentilles
Bouillon KUB potage Maggi
Tout cela s'en va file file
Comme file le macaroni
Septième couplet
A savourer cet ordinaire
On devient vite cent kilos
Sclérotique valétudinaire
J'aime mieux rester paquet d'os
Rendez-moi o dieux tutélaires
Les légumes de mon jardin
La poule au pot populaire
Et de mon pays le chemin
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