Article paru dans le journal paroissial "Ensemble" en octobre 1984 sous le n° 78
Auteur inconnu à ce jour.
La commune de Sigalens est née à la Révolution, du regroupement de quatre
petites paroisses : Sigalens, Aillas-le-Vieux, Glayroux et .Monclaris. Quatre
églises, c'était beaucoup; Glayrou a été rasée, Monclaris dresse une ruine
encore imposante; pour Aillas-le-Vieux, le problème de la survie se posait ; les
habitants ont choisi de la réparer par eux-mêmes. La fête du 8 septembre a
inauguré la tranche de travaux déjà accomplis.
La paroisse d'Aillas-le-Vieux avait des limites géographiques naturelles : le bassin de deux petits affluents
du Lisos. Le nom étonne : pourquoi une église d Aillas-le-Vieux qui n'est pas
sur la commune d'Aillas ? L'actuel Aillas s’appelait primitivement Mouchac ; le
véritable Aillas devait être l'actuel Aillas-le-Vieux. Probablement avait-il un
seigneur, qui a ensuite étendu son autorité sur Mouchac, où il a trouvé un
domaine beaucoup plus vaste, où il a transféré son château; en déménageant, il a
tout naturellement conservé son nom, en sorte que Mouchac est devenu Mouchac
dans la seigneurie d'Aillas, puis plus simplement Aillas. Pour distinguer les
deux localités on les a appelées Aillas-le-Grand et Aillas-le-Vieux. Au
seizième, les noms étaient bien adoptés, ainsi qu'en témoignent les inscriptions
portées sur la cloche de chacune des deux églises.
On ne sait trop où situer la position forte primitive des sites d'Aillas (le Vieux) : l'église occupe un site
qui surplombe; auprès de la route le lieu-dit «la Basse-Cour» peut rappeler une
position défensive; la famille noble de Luxe était implantée dans ce secteur.
Pourquoi un château ancien dans ce secteur ? On est sur le chemin naturel de
Bazas vers la Réole, qui évitait le plus possible les ruisseaux (ce qui lui vaut
d'être aujourd’hui l’itinéraire « poids lourds », avec peu de ponts à franchir,
un peu détourné par la suite, puisque la route a été déviée par Aillas).
Au XVII' siècle, le cadastre fait apparaître de nombreux petits propriétaires, avec des parcelles morcelées
par les héritages; des métairies aussi, naturellement, avec quelques grosses
propriétés appartenant à des bourgeois, tels le médecin Cabanieux, le procureur
Duzas, « Maître » Marsan, Des lieux-dits rappellent les propriétaires de cette
époque : Réglat, Marsan. La dîme fait e connaître les principales ressources :
céréales pauvres, vin, filasse. La population a pu atteindre le deux cents
habitants.
L’église a un plan rectangulaire, sans style particulier, sinon le charme d'être une modeste église
de campagne qui a conservé sa simplicité, à l'écart, un peu mystérieuse.
La cloche porte une inscription
en lettres gothiques et une croix dessinée avec des lettres placées dans
n’importe quel ordre, le même procédé employé pour la cloche d’une église
voisine, Cocumont, qui a d’ailleurs été fondue la même année. L’inscription est
la suivante :
Jésus Maria. Je suis fet l’an mil cin cens seittante huit (1578) pour Saint Martin d’Aillas-le-Vieux.
Le nom de l’église était Saint-Martin, ce qui peut être I'indice d’une vielle paroisse rurale; elle est
devenue Notre-Dame : une dévotion mariale y a fait son chemin. A l’origine du
pèlerinage, il a pu y avoir une fontaine, ce qui pourrait remonter au Moyen Age.
L’eau y est un peu laiteuse, les nourrices y venaient; on leur distribuait des
boules de verroterie, dites grains de lait. À côté de ce support matériel, une
dévotion s’est développée avec une Confrérie, attestée dès le XVII° siècle.
Tout cela avait disparu à la Révolution; la Confrérie a été rétablie en 1873,
avec le style solennel de l’époque. Le pèlerinage a été relancé vers 1920 par la
personnalité de l’abbé Expert. Actuellement, on s'efforce de conserver cette
vieille base pour une manifestation chrétienne qui rejoigne en profondeur notre
vie, et le travail des habitants montre ce lien avec la vie de tous les jours,
dans le prolongement de ce qui a été vécu depuis longtemps.
A la place d'honneur, une Vierge en bois d’ormeau, portant I'Enfant : La Madone d’Aillas-le-Vieux
Boute un cièrge
A la Bierge
Qu'aymen sou péïs dé Bazas.
La prière
Moute fière
Dène la glise dou bieil Aillas.
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